_Ah ! Flèche, mon ami, laisse-moi te raconter toute mon histoire à côté de laquelle l’odyssée du regretté Ulysse fait pâle figure. Toi qui as fait des études avancées, tu sais parfaitement bien que la chirurgie réalise tous les jours des progrès considérables. On greffe des reins, on plante des dents, on coupe des cheveux, on remplace des nez , on envoie réparer des organes essentiels qu’on remplace ensuite comme des chaussettes dans une valise. On allonge, on étire, on modifie.
Tout le monde a lu dans les journaux, l’histoire de cette suédoise trop longue qu’on a raccourci de 10 cm (ou plutôt 11) en lui supprimant de chaque côté un morceau de jambes et un petit morceau de cuisse (transversalement) et en recousant. Exactement comme un saucisson dont on enlèverait deux rondelles et qu’on recouserait par juxtaposition. Tu peux bien imaginer que mon cas désastreux pour les incultes, fut un jeu d’enfant pour les chirurgiens de l’hôpital d’Aubenas ( 07 )
_C’est tout à fait extraordinaire_ fis-je en essayant de refermer ma mâchoire, tellement cette histoire m’avait rendu hébété.
_Mais attends, mon cher Flèche, ce n’est pas fini, malheureusement.
Lorsque je fus transporté après mon opération, sur mon lit d’hôpital je ne mis pas longtemps à réaliser l’horreur de la situation.
Par plaisanterie de mauvais goût, par inadvertance, par jalousie, va savoir… Toujours est-il qu’en reprenant mes esprits, je m’aperçus qu’on m’avait greffé deux bras droits et une jambe gauche ayant jadis appartenu à un malheureux citoyen congolais décédé en tombant d’une échelle.
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Je vous l’affirme, mes amis, la France, jadis haut lieu de science, de culture, de renommée internationale, est tombée bien bas, c’est un fait reconnu.
Nous, au mouching, nous hésitons aujourd’hui entre la Belgique, l’Ukraine et Monaco.

