Lorsque j’arrivais chez mon ami René, dans sa petite villa de la banlieue nord, il m’accueillit les bras ouverts et m’amena sans plus tarder derrière sa maison dans une espèce de jardinet où le bougre avaient planté un teepee. Non, pas un teepee en peau de bisons joliment décorés. Non, plutôt un teepee type » Trigano » en tissus bariolés. À l’intérieur, il sortit d’une sacoche un calumet ressemblant vaguement à un calumet de la paix traditionnel qu’il bourra de » kinnikinnick », sorte de tabac indien qu’un lointain cousin du Wisconsin lui avait fait parvenir.
Moi, qui avait cessé de fumer depuis des lustres, mon estomac n’en mena pas large avec cette cochonnerie et lorsque nous quittâmes le tepee, j’avais les jambes plus que cotonneuses.
« Bon, mon ami Flèche, ta mine verdâtre demande un peu d’air frais, il me semble. Ca te dirait d’aller pêcher une bonne bouillabaisse pour célébrer nos retrouvailles ? »
S’il est une chose que je ne refuse jamais, c’est bien une partie de pêche. Aussi, une petite heure après, le » pointu » de René « Deux tonnerres », baptisé » Fuck Custer » jetait son ancre au large de l’île du Frioul et , sans plus tarder, nous nous mîmes à l’ouvrage.
Lorsque trois bonnes heures après, nous rejoignîmes la terre ferme, notre panier ne contenait que trois girelles de taille moyenne et deux rouqiers faméliques.
Honteusement, nous fîmes une halte au « Casino » ou nous achetâmes deux boîtes de soupe de poissons » Marius Bernard « .
Finalement, les poissons de la Méditerranée c’est un peu comme les bisons des grandes plaines américaines. Peau de balles et balais de crin !.
Tout fout le camp, mes pauvres. Tout fout le camp !

