Ça y est ? C’est les vacances ? Hmm… elle est à combien la température de l’eau ? Parce que si c’est trop chaud… si c’est plus de 18°C, laisse tomber, promène-toi sur les berges, va éventuellement en repérage mais fous la paix aux poissons ! Ou alors peu-être te retrouves-tu tout seul à turbiner et que tu rêves de vacances devant le ventilo… Dans tous les cas, on a un truc en stock pour toi ! Tu vas te distraire, voyager, voire des paysages auxquels tu n’es pas habituer et tu vas saliver à l’idée d’attraper toi aussi une Fario mahousse comme celle de ce film ! Allez, tu peux commander des Sushis (SURTOUT PAS AU SAUMON D’ELEVAGE !!!) et te tanker devant la télé en attendant LE match de la Coupe du Monde… on t’emmène au Japon et crois moi, ça va te changer les idées !
Il existe au Japon plusieurs sortes de truites natives mais à la fin du 19e, des Farios ont été introduite pour nourrir la population… depuis, comme dans beaucoup de pays où on les a introduites (Argentine, Pakistan, Inde, Afrique du Sud), elles se sont adaptées, et ont souvent « occupé » le territoire pour s’y développer…

De nos jours, alors que la conscience environnementale au Japon ne cesse de croître et que la protection des espèces indigènes est un sujet brûlant, qualifier certains poissons exotiques de « poissons exotiques que l’on aime » pourrait sembler provocateur, voire passible de critiques virulentes. Pourtant, les truites exotiques, la truite arc-en-ciel en tête, ont généré d’immenses bénéfices économiques et, bien que classées comme espèces exotiques envahissantes, elles ont apporté le sourire à un grand nombre de personnes — au point qu’on pourrait presque les considérer comme des poissons exotiques « nationaux ». À l’inverse, alors que ces bénéfices économiques servent en quelque sorte d’absolution à la truite arc-en-ciel (rainbow trout), sa cousine la truite brune a vu son image se dégrader jusqu’à être qualifiée de « poisson nuisible » par les médias. La raison invoquée est que, plus encore que la truite arc-en-ciel, elle possède une capacité d’adaptation supérieure aux milieux naturels japonais, ce qui en fait une menace potentielle pour l’ayu (poisson-truite du Japon) et d’autres espèces. Cette truite brune s’est aujourd’hui naturalisée dans certaines rivières japonaises : sur Honshu, on la trouve notamment dans le système Saigawa-Azusagawa à Nagano, ainsi que dans le Shogawa et le Jinzugawa-Miyagawa à cheval sur Toyama et Gifu.
Pour ce reportage, nous nous sommes rendus sur le bassin de la rivière Miyagawa, qui traverse Hida-Takayama dans la préfecture de Gifu, afin de filmer une session de pêche à la mouche tout en recueillant les points de vue et anecdotes sur les poissons exotiques de Shinsuke Ijima, guide de pêche en rivière actif dans la région, et de Kenjiro Uraguchi, riche d’une solide expérience de pêche à la truite brune et à la truite arc-en-ciel à l’étranger.
Dans le bassin de la Miyagawa, la coopérative de pêche locale mène depuis plusieurs années des opérations d’élimination de la truite brune, officiellement au nom de la protection des espèces indigènes. Mais derrière cette justification transparaît une certaine hiérarchie des poissons à protéger, dictée par les réalités économiques propres à cette coopérative. Ce qui mérite le plus d’être protégé, ce sont assurément les ombles et les truites masu sauvages qui subsistent dans les torrents et affluents — et non l’ayu importé en masse. Quant aux poissons exotiques, ils sont tour à tour désignés comme les méchants de l’histoire, éliminés, introduits clandestinement, portés aux nues, adorés des enfants… accomplissant ainsi leur destin de « poissons exotiques d’intérêt industriel ». Dans les rivières japonaises vivent des espèces indigènes qu’il faut protéger, et des espèces exotiques qu’il est permis d’aimer.
Sous-titres : Carré en bas à droite de Youtube / Roue Crantée trad auto -> Français.
Mets le film en Plein Ecran !

