JIM HARRISON – 26 MARS 2016

On avait pris ça en pleine poire, la mort de Jim Harrison, on lui doit tant, c’était il y a juste dix ans, On s’était réveillé un peu groggy en ayant appris la nouvelle, Big Jim, le mec à qui Le Mouching doit tant. 

Pour vous la faire courte, au tout début des années 90, j’étais pris d’une folie furieuse, d’un amour inconditionel, presque d’une adoration mystique pour les livres de Jim Harrison que je dévorais les uns après les autres. Tout me fascinait, la liberté, les histoires intimes, les grands espaces, le rêve indien, ce sentiment particulier qui faisait qu’en lisant ces romans on était tout d’un coup connecté à quelque chose d’humain et en même temps de surnaturel, et puis il y avait ce rapport constant avec la nature et la vie des hommes qui prenait une place si importante au milieu de ces grands espaces. Donc en 92, lors d’une escapade en Californie, je rencontrais une fille qui me demandait de l’accompagner à Livingstone au Montana. Mon sang ne fit qu’un tour. A peine avait-elle prononcé ces mots que mon idéal, devenait réalité. Je poussais la porte d’un Flyshop de San Francisco et, à ma grande surprise, tombait sur les propriétaires qui m’écoutant avec mon accent aveyronnais alors que je leur expliquais que je partais pour le Montana et que j’avais besoin d’une canne, d’un moulinet et de tout ce qui va avec (je n’y connaissais rien…). La vendeuse me regardait et avec un sourire me dit en français parfait « Vous n’êtes pas d’ici » ? Elle était Basque, elle me guidait dans mes achats et me dit que je devrais acheter mes mouches « là bas ». Je ressorti donc avec une Sage en Graphite, un moulinet tout équipé et un sourire qui partait d’une oreille à l’autre ! A moi, le Montana ! Et c’est comme ça que ça a commencé. Plus tard, alors que je travaillais à Radio Nova à Paris en 93, Jim Harrison était attendu dans les studios pour parler du film que Brice Matthieussent et Georges Luneau avait tourné sur lui. C’était pour moi une occasion rêvée, je lui offrais des mouches Quatre ailes de Jean-Pierre Poireau et une belle miche de pain au levain cuite au feu de bois par Le Moulin de la Vierge, à l’époque, le meilleur pain de campagne en ville ! Il était heureux et surpris. Nous avions alors réalisés qu’il connaissait bien le pain du Moulin de la Vierge car il était ami avec Lulu, la cheffe du célèbre restaurant L’Assiette, en face de la boulangerie, rue du Château dans le 14e et qu’il en était un habitué des lieux… à chaque fois qu »il était parisien.

Plus tard, à la fin des années 90, je retournais au Montana avec Michel Fontant qui était guide de pêche sur place mais également cuisinier et qui souvent était aux fourneaux pour Jim Harrison lorsqu’il venait rendre visite à sa fille qui habitait qui habitait Livingstone. Je le croisait ainsi à nouveau, j’étais « le copain de Lulu ». Et puis Jim est parti,

j’avais imaginé allé à Patagonia, là où il habitait au Nouveau Mexique, mais l’histoire en a voulu autrement. Et j’ai pensé à lui en créant le Mouching en 2008, c’était pour moi le mentor imaginaire idéal pour une telle aventure, J’avais dans ma tête tous les rêves de pêche et la nuit, lorsque je ne dormais pas, je dévorai tous ses livres. Ils sont dans ma bibliothéque, dédicacés et il sont immortels, tous comme les rêves de grands espaces qui me font voyage dans mon sommeil. Merci Jim.

Voici, regroupés, tous les articles que nous avons écrit au Mouching, que ce soit, Benoit Vilmo, Electra ou moi-même. Tous les jours, Big Jim est avec nous.