
À l’époque, je n’avais aucune idée de ce que le jazz pouvait être mais, cette musique de bistrot était certainement la plus belle chose qui m’a été donnée de vivre, le plus émouvant langage du monde. J’essayais vainement de comprendre comment ces deux types basanés pouvaient faire courir leurs doigts à une telle vitesse sur le manche . Ca tient toujours, même aujourd’hui, du mystère, de la magie pure qu’il est vain et idiot d’essayer de comprendre.
Et puis hier soir, ce petit film sur Django, sa passion de la pêche, du billard, de la pétanque, du jeu de cartes, sans jamais oublier qu’avant tout, la musique était sa seule vraie fiancée. Et que le grand Duke Ellington l’avait bien compris, lui qui l’invita à « tourner » en Amérique avec lui. En passant, le Duke, dit-on, au bout d’un certain temps, a du se débarrasser du manouche génial. Pourquoi donc, me demanderez-vous ?
Eh bien, la réponse est bien simple. Django était si passionné de jeux de cartes qu’il lui arrivait fréquemment d’oublier qu’il avait un concert a honorer ce soir-là et restait scotché autour de la table de jeu pendant que les musiciens de Duke l’attendait sur scène.
Tiens, vous en voulez une tranche, écoutez donc ce morceau qui s’appelle « La pêche à la mouche » (comme par hasard).
Et si notre » Marseillaise » vous laisse de marbre, écoutez donc la version que Django et Stephane Grappelli, son comparse violoniste en ont fait en 1945. Une merveille !!
Si vous n’êtes pas en train de chialer de bonheur après ça, c’est que vous avez à coeur en fils de fer barbelé.

