À ce moment, je pensais qu’il était temps que j’intervienne et m’adressai à la jeune vendeuse : « Quelle vision horrible que nous donnons à ces enfants ! Cette liberté chérie auquel nous avons tous droits, nous la refusons à ces pauvres crabes tourteaux. Quelle tristesse ! »
– » Comme vous avez raison cher Monsieur, répliqua la marchande. Ces pauvres animaux vont mourir, c’est certain et vous m’en voyez affreusement peiné. C’est tous les jours la même chose, chaque fois que je prends mon poste dans ce magasin mon coeur saigne abondamment en pensant à tous les meurtres dont nous sommes témoins en silence. Les tourteaux méritent mieux. Mais, Monsieur soyez sûrs que nous payerons un jour notre lâcheté ! »
À ce moment, la poissonnière écrasa une larme furtive et je pensais donc qu’il était grand temps de changer de rayon et de me faire l’avocat de la défense des choux-fleurs et autres rutabagas.

