Tu veux aller pêcher au bout du monde et tu es prêt à te faire secouer comme une vieille culotte dans un sèche linge avant d’arriver au paradis des atoles et pêcher des poissons qui resteront tous, je dis bien tous, dans ta mémoire ? Et bien direction Maurice, puis en bateau jusqu’à St Brandon, là tu as déjà fait le plus dur, mais tu t’en fous car tu sais que le bonheur à un prix et outre les trois mois de salaire que tu viens de dépenser, la satisfaction et le bonheur de pêcher au milieu de l’océan Indien sont des souvenirs qui resteront dans ton cœur pour longtemps !
Allez, assez raconté de conneries, mets en grand écran et active les sous-titres, tu vas pleurer.
The Shoals est un film de Ben Annibali et Ross Purnell qui part à la recherche de lieux sauvages dans un monde qui rétrécit à vue d’œil. Tourné sur l’atoll de Saint-Brandon, un archipel corallien isolé à près de 270 milles nautiques au nord-est de l’île Maurice, le film s’ouvre sur une question simple : quel espoir laisse-t-on derrière nous quand nous ne sommes plus là ?
Les mers difficiles et les longues traversées ont gardé Saint-Brandon largement méconnu, protégé par son isolement autant que par une volonté de préservation. Ses hauts-fonds ont jadis fait naufrager des navires en bois aussi sûrement qu’ils éventrent aujourd’hui des coques d’acier. L’histoire du dodo, oiseau incapable de voler, familier de l’homme et disparu en moins d’un siècle, est à la fois une leçon d’histoire et un avertissement. Les marins naufragés furent les derniers à voir des dodos vivants : ils les chassaient sur ces mêmes récifs et ces mêmes lagons. Aujourd’hui, des épaves rouillées et des fuites de carburant font peser une nouvelle menace sur l’un des derniers écosystèmes marins encore intacts de la planète. Le parallèle est impossible à ignorer : les lieux préservés ne sont pas à l’abri.
Dans ce décor, les bonefish glissent dans le ressac, les permits surgissent des vagues et les carangues géantes pistent les requins nourrices sur les flats, dans des éclats de chaos.

